Les tuques bleues
-1: Le charivari de la liberté-

-2: Le règne de la canaille-
 

Le Pays insoumis
-1: Les chevaliers de la croix-
-2: Rue du Sang-

Les accoucheuses
-1: La fierté -
-2: La révolte -
-3: La déroute -

Autres roman et nouvelles

Gratien Gélinas

Marie Gérin-Lajoie

Études historiques

 

À lire:
mes anciennes chroniques
sur www...
www.tolerance.ca

Jasettes archivées

 

Pour vous abonner au bulletin électronique de l’auteure, prière d’envoyer un courriel à Écrivez-moi ci-haut, en mettant le mot « bulletin » comme objet.

___________________

 

     Accueil    Conférences    Profil biographique     Écrivez-moi    Mes oeuvres    English Abstract

Les tuques bleues : Le charivari de la liberté  (tome 1), Montréal, Éditions Fides, 2014.

En 1833, il fait bon vivre en Bas-Canada, colonie prospère d’Amérique. Gilbert, instituteur à Montréal, et sa sœur Vitaline, qui vient de lier son sort à celui d’un marin de Saint-Denis, aspirent à une existence conviviale mais libre, inspirée par un idéal égalitaire où nul n’est l’esclave d’autrui. Tout en se laissant entraîner sur un chemin risqué, celui d’une ancienne passion, Vitaline déploie sa sensibilité d’artiste. Sur le même terrain du cœur et des désirs charnels, Gilbert a du fil à retorde avec la plaisante Caroline, qui vend ses charmes et défend chèrement son indépendance.
            Mais la situation se dégrade dans une Province of Quebec faisant partie de l’empire britannique. Au risque de se faire voler leur joie de vivre, le frère et la sœur doivent lutter, à l’unisson de leurs concitoyens, contre le despotisme et l’arbitraire. La tragédie de la Rue du Sang reste impunie et la terreur militaire étend sournoisement son emprise. La Chambre d’Assemblée du Bas-Canada dénonce opiniâtrement les injustices, et les « tuques bleues », ainsi que sont surnommés les patriotes aux principes démocrates, la soutiennent par un esprit frondeur et une ferveur révolutionnaire qui ne se dément pas.
            Tenant à assurer son pouvoir même par la force brute, une coterie de profiteurs enclenche une impitoyable mécanique de répression. Les provocations s’enchaînent : calomnies et menteries, bullies salariés qui cognent et représentants de l’ordre qui mettent la main au collet d’innocents… Les tuques bleues résistent grâce à leur franc-parler, à la noblesse de leurs principes et aux rouages de la démocratie parlementaire. En 1837, les tyrans commettent l’irréparable. Sous le couvert d’une rébellion, c’est une guerre de reconquête qui fait rage…

Éditions Fides

Les sources documentaires
Les tuques bleues : Le charivari de la liberté  (tome 1)

L’absence d’une recherche événementielle intégrale et complète, conduisant à une chronologie trop bien documentée pour être remise en doute, est le plus formidable écueil sur lequel je me suis butée au moment de raffiner ma recherche sur les années précédant immédiatement 1837. Déjà, une ligne de temps solide et détaillée m’avait manqué pour les deux tomes du Pays insoumis, le premier cycle des aventures de Gilbert et Vitaline, mais je l’espérais pour les événements entourant un épisode aussi crucial que les Rébellions, qui ont fait couler un flot d’encre.
            Or, le récit historique est partiel et suranné, encombré de biais et encore pis, honteusement et volontairement censuré par les historiens d’autrefois. À ma grande surprise, nul n’avait constitué un récit historique exhaustif et impartial pour mettre en lumière la vie de nos ancêtres sur une base concrète, et qui rende justice à la diversité, à la complexité et surtout à la modernité de ce parcours; qui rende justice, également, à la recherche historique du dernier demi-siècle. Bien des théories ont été émises sur le pourquoi et le comment des Rébellions, mais le terreau de base fait cruellement défaut.
            J’ai donc fait enquête dans l’histoire pour tracer le portrait le plus fidèle possible du peuple canadien d’antan et de son périple vers la prise d’armes de novembre 1837. J’ai voulu prendre contact avec les acteurs et actrices des événements pour faire résonner leurs voix dans leur amplitude et leur diversité. J’ai plongé dans la documentation disponible tout en m’imposant une nécessaire distanciation afin d’acquérir une vue d’ensemble et déceler ainsi les lignes de force.
            Quelques pans obscurs du passé méritaient, en particulier, une solide investigation. Si les faits et gestes des patriotes sont relativement bien connus, ceux de leurs « ennemis » le sont beaucoup moins. Je n’ai pas mis longtemps à piaffer d’impatience devant la pauvreté des sources à leur égard. Qui étaient ces favoris du pouvoir? Pour s’opposer à la volonté de la majorité en Chambre d’Assemblée et les électeurs qui la soutenaient, avaient-ils réellement commis un chapelet de méfaits et même de crimes, comme l’actualité de l’époque le laissait entrevoir?
            Je me suis donc mise en quête des ultra-tories de la province, de ceux qui n’ont pas hésité à brandir leur fusil et à se travestir en volunteers à la solde de l’armée pour imposer leur loi. Leur présence était palpable dans moult documents d’époque consultés. Quelques historiens se sont avancés sur ce chemin peu fréquentés, et en tout premier lieu François Deschamps, avec Le radicalisme tory à travers le prisme du Montreal Herald et la mobilisation des milices dans les district de Montréal (1834-1837), thèse de doctorat, UQAM, 2012
            Il me faut aussi mentionner Steven Watt : Authoritarianism, Constitutionalism and the Special Council of Lower Canada, 1838-1841, thèse de doctorat, université McGill University, 1997; Gilles Laporte : Patriotes et loyaux; les recherches d’Elinor Kyte Senior, malgré biais et carences (Les habits rouges et les patriotes; British Regulars in Montreal, An Imperial Garrison, 1832-1854; l’article «The Provincial Cavalry in Lower Canada, 1837-50 », Canadian Historical Review, 67, 1, mars 1976); et enfin, les sites web www.1837.qc.ca (Les patriotes de 1837@1838) et www.jonathanlemire.com (Histoire de 1837-1838).
            Pour comprendre la vraie nature de la guerre entre les députés en Chambre d’Assemblée et le pouvoir exécutif, dans la colonie comme dans la mère patrie, je me suis fiée aux gazettes et à maints documents d’époque : échanges épistolaires, documents de la Chambre d’Assemblée, livre et pamphlets signés par des contemporains. J’ai également puisé dans les papiers d’État tels que colligés par les archivistes de Bibliothèque et Archives Canada (Rapport des Archives du Canada pour les années 1900, 1929, 1930 et 1931, 1935 à 1937, 1941); dans ceux imprimés sur ordre de la Chambre des Communes de Londres (British Parliamentary Papers, vol. 7 à 12, Irish University Press); et dans quelques ouvrages d’historiens tel la thèse de Philip Goldring, Lord Howick and Lower Canada, 1830-1838; le livre de G. C. Moore Smith, The life of John Colborne, Field-Marshal Lord Seaton ...; et dans Robert Christie, A history of the Late Province ofLower Canada…, volumes 3 à 5.
            Plusieurs biographies fouillées m’ont été particulièrement utiles. Les voici: Béatrice Chassé : Le notaire Girouard, patriote et rebelle, thése de doctorat, Université Laval, 1974; Kathryn M. Bindon : Journalist and judge : Adam Thom’s British North American Career, 1833-1854, mémoire de maîtrise, Queen’s University, 1972; Robert Charles Daley : Edmund Bailey O’Callaghan, Irish Patriote, thèse de doctorat, Université Concordia, 1986.
            S’il n’existe encore aucune étude exhaustive et définitive sur les charivaris en Bas-Canada, l’historien René Hardy s’intéresse de près au phénomène. Il a signé « Le charivari dans la sociabilité rurale québécoise du 19e siècle », in Roger Levasseur : De la sociabilité : spécificité et mutations; « Le charivari : divulguer et sanctionner la vie privée? » in Manon Brunet et Serge Gagnon : Discours et pratiques de l’intime; « Le charivari dans l’espace québécois », in Serge Courville et Normand Séguin : Espace et culture.
            Parmi les plus importants témoignages d’époque figurent les journaux personnels d’Olivier Robitaille et de Romuald Trudeau (Mes Tablettes), à la BANQ, ainsi que le témoignage de Jean-Marie Mondelet pendant la Grande Enquête de la Chambre d’Assemblée, 1832 à 1834, sur la Rue du Sang (Appendice du XLIIe volume des Journaux de la Chambre d’Assemblée de la province du Bas-Canada et Appendice du XLIIIe volume des Journaux de la Chambre d’Assemblée de la province du Bas-Canada. Témoignages et documents ont été réunis dans Enquête devant la Chambre d’Assemblée du Bas-Canada sur les événements du 21 mai 1832, à Montréal.)
            Enfin, mes plus importantes sources pour comprendre la dynamique sociale des charivaris ont été Bryan D. Palmer : « Discordant Music : Charivaris and Whitecapping in Nineteenth-Century North America », Labour/Le travailleur, 3, 1978; E. Z. Massicotte : « Le Charivari au Canada » et « Un charivari à Québec », BRH, 32, déc. 1926, et 44, août 1938; Rolande Bonnain-Moerdyk et Donald Moerdyk : « À propos du charivari : discours bourgeois et coutumes populaires », Annales ESC, mars-avril 1977, 32, 2; Allan Greer : Habitants et patriotes : la rébellion de 1837 dans les campagnes du Bas-Canada; Yves-Marie Bercé : Fête et révolte : des mentalités populaire du 16e au 18e siècle; Eugen Weber : La fin des terroirs; Nathalie Zemon Davies : Society and culture in Modern France.
            L’attentat sur Salomon Barbeau est décrit dans les gazettes de l’époque, mais également dans Rapport du comité spécial, auquel ont été renvoyés les documents relatifs à l'enquête qui a eu lieu devant le coronaire de Montréal, sur le corps de Solomon Barbeau…, Appendice Y, Appendice du XLIIIe volume des Journaux de la Chambre d’Assemblée de la province du Bas-Canada, session 1834. Concernant Valentin Jautard, je me suis servie de Jean-Paul de Lagrave et Jacques G. Ruelland : Valentin Jautard, 1736-1787, Premier journaliste de langue française au Canada; Jean-Paul de Lagrave : Les journalistes démocrates au Bas-Canada (1791-1840).
            J’ai documenté les élections générales de 1834, l’un des secrets les mieux gardés de l’histoire du Bas-Canada, principalement grâce aux gazettes d’alors; mais également grâce à Relation historique des événements de l’élection du comté du Lac des Deux-Montagnes… attribuée à Jean-Joseph Girouard; L’Adresse de Louis-Joseph Papineau à ses électeurs du 4 décembre 1834; The Daily Advertiser : What is the Result of the Elections? Fully Answered; procès-verbaux de réunions du conseil de ville, Archives de la Ville de Montréal; Marc Bolduc : Les élections générales de 1834 (Bas-Canada) et les élections générales de 1841 (ancien Bas-Canada), mémoire de maîtrise, UQAM, 1997.
            L’attentat sur Louis Marcoux et le procès de ses assaillants prennent une large place dans les gazettes de l’époque; une brochure lui a été consacrée sous le titre The Trial of Isaac Jones and James Jones, for the alleged murder of Louis Marcoux at the bar of the Court of King’s Bench for the district of Montreal…, reported by Thomas Handcock.
            L’élaboration d’un descriptif exhaustif pour l’année 1837, et particulièrement pour les mois de septembre à décembre, a accaparé une bonne part de mes énergies de recherchiste. Il me paraissait impératif de dissiper le flou dans la trame événementielle et d’y insérer les faits et gestes, afin de conférer à ces derniers leur véritable portée. Là encore, les gazettes ont été une mine de renseignements, à laquelle j’ai ajouté les source suivantes :

A) documents d’époque édités :
1) Georges Aubin et Nicole Martin-Verenka: Insurrection I, Examens volontaires 1837-1838; Insurrection II, Examens volontaires 1838-1839.
2) Georges Aubin : Au Pied-du-Courant, Lettres des prisonniers politiques de 1837-1839; Amédée Papineau : Journal d’un Fils de la Liberté, 1838-1855.
3) Georges Aubin et Renée Blanchet : correspondances de Louis-Joseph Papineau, Julie Papineau, Amédée Papineau, Wolfred Nelson, Siméon Marchesseault, Jean-Philippe Boucher-Belleville, Louis Perrault, André Ouimet.

B) documents d’époque colligés mais non édités :
1) Georges Aubin : correspondances de Jacques-Guillaume Baudriau, Théophile Bruneau, Philippe Gareau et Denis-Émery Papineau.
2) Georges Aubin et Jonathan Lemire : correspondance reçue par Ludger Duvernay en exil, 1837-1842.

C) fonds d’archives :
1) BANQ-Q, E17 (Fonds Ministère de la Justice), S37 (Événements de 1837-1838, 5 janvier 1837-14 octobre 1840) et l’index publié dans le Rapport des Archives du Québec 1925-1926
2) BANQ-Q, R2 (fonds gouverneurs, régime anglais), S2 (correspondance), P293
3) BANQ-Mtl, P224, Collection rébellion de 1837-1838, 18 août 1837-15 décembre 1877
4) BAC MG24B31 : Fonds Henry Samuel Chapman
5) BAC MG24B128 : Fonds du Comité de correspondance de Québec
6) BAC MG24B6 : Fonds Denis-Benjamin Viger
7) BAC MG24B28 : Fonds Joseph-René Kimber
8) BAC MG24B27 : Fonds Charles-Elzéar Mondelet
9) Archives du musée McCord : P195/A103, fonds de la famille Badgley, chemises 9 et 10 (circulaires, pétitions et correspondance relatifs à la Montreal Constitutionnal Association; correspondance familiale)
10) Archives du musée McCord : C019, Collection de Rocheblave, Bouthillier, Routh

D) autres témoignages de contemporains :
1) Romuald Trudeau, Mes Tablettes, BANQ.
2) Some personal recollections… de Sydney Bellingham, ainsi que les notes originales colligées par les archivistes de Bibliothèque et Archives Canada (MG24B25, Fonds Bellingham, vol. 2)
3) Henry Samuel Chapman, An Impartial and Authentic Account of the Civil War in the Canadas
4) Ce qui a été publié dans les journaux La Minerve et L’Avenir (1848-1850) ainsi que les ouvrages Résumé impartial de la discussion Papineau-Nelson sur les événements de Saint-Denis en 1837 et Papineau et Nelson : Blanc et Noir…
5) Procès politique: la Reine vs Jalbert, accusé du meurtre du lieutenant Weir….

E) Les recherces d’historiens :
J.-B. Allaire, Histoire de la paroisse de Saint-Denis-sur-Richelieu, 1905.
Charles Bellemare, Saint-Charles 1837 et la survie d’un peuple menacé, 2005.
Jean-Paul Bernard, Assemblées publiques, résolutions et déclarations de 1837-1838, 1988, ainsi que ses autres ouvrages bien connus.
Pierre-Bernard Cadieux, Le Saint-Athanase démographique et économique et le Saint-Athanase politique au temps des rébellions, mémoire de maîtrise, UQAM, 1996.
Collectif, Saint-Charles-sur-Richelieu 1695-1995, 1995.
Collectif, Saint-Denis-sur-Richelieu 1740-1990, 1989.
Bruno Cyr, La radicalisation et la militarisation des Loyaux et des Patriotes à Montréal en 1837, mémoire de maîtrise, UQAM, 2005.
Réal Fortin, La guerre des patriotes le long du Richelieu, 1988.
Martin Lanthier, La violence selon la presse patriote et loyale à la veille de la rébellion de 1837, mémoire de maîtrise, UQAM, 1997.
Pierre Meunier, L’insurrection de 1837 à Saint-Charles et le seigneur Debartzch, 1986.
J.-B. Richard, Les événements de 1837 à Saint-Denis-sur-Richelieu, Société d’histoire régionale de Saint-Hyacinthe, 1938.
J.-B. Richard, Histoire de la paroisse de Saint-Denis-sur-Richelieu, 1906.
Robert-Lionel Séguin, La victoire de Saint-Denis, 1964.

Il me reste à souligner la collaboration précieuse de Georges Aubin, qui a généreusement partagé avec moi ses outils de recherche et ses recherches non publiées; de Béatrice Chassé, pour le don de son matériel de recherche sur Jean-Joseph Girouard; et de François Deschamps, pour ses conseils, ses éclaircissements et le partage de sa documentation.